Ce plat mijoté à l’ancienne bat tous les plats minute : le veau fondant qu’on rêverait de manger chaque soir

Ce plat mijoté à l’ancienne bat tous les plats minute : le veau fondant qu’on rêverait de manger chaque soir

Dans un monde où les plats minute et les recettes express envahissent nos cuisines, le blanquette de veau fait figure de résistance. Ce plat mijoté àl’ancienne demande du temps, certes, mais il offre en retour une tendreté incomparable et des saveurs qui se développent lentement, au fil des heures de cuisson. Contrairement aux préparations hâtives qui laissent souvent un goût d’inachevé, cette recette traditionnelle transforme des morceaux de veau en bouchées fondantes qui se défont à la fourchette.

Le secret réside dans la patience et le respect des étapes classiques : un bouillon parfumé, une cuisson douce et prolongée, une sauce veloutée qui enrobe chaque morceau de viande. Cette blanquette incarne l’essence même de la cuisine bourgeoise française, celle qui prenait le temps de mijoter pour mieux régaler. Aujourd’hui encore, elle mérite sa place sur nos tables, rappelant que certaines traditions culinaires ne se négocient pas avec la montre.

30

120

moyen

€€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer la viande

Sortez les morceaux de veau et laissez-les à température ambiante pendant 15 minutes. Cette étape permet une cuisson plus homogène. Séchez-les soigneusement avec du papier absorbant pour faciliter la coloration ultérieure.

2. Réhydrater les aromates

Dans un bol, versez les oignons déshydratés avec 100 millilitres d’eau tiède. Laissez gonfler pendant 10 minutes. Égouttez les carottes en conserve et rincez-les àl’eau froide pour éliminer l’excès de sel.

3. Blanchir le veau

Remplissez une grande casserole d’eau froide et plongez-y les morceaux de veau. Portez doucement à ébullition. Dès les premiers bouillons, vous verrez apparaître une mousse grisâtre à la surface : c’est l’écume, ces impuretés qui se détachent de la viande pendant la cuisson. Laissez bouillir 2 minutes puis retirez les morceaux avec l’écumoire. Rincez-les sous l’eau froide et jetez l’eau de cuisson. Cette technique garantit une sauce parfaitement claire.

4. Démarrer la cuisson

Dans la cocotte en fonte, disposez les morceaux de veau blanchis. Ajoutez les oignons réhydratés, les carottes, le bouquet garni et les clous de girofle. Préparez le bouillon en mélangeant la poudre de volaille avec 1,5 litre d’eau chaude. Versez ce bouillon sur la viande jusqu’à recouvrir complètement les morceaux. Salez modérément car le bouillon en poudre contient déjà du sel.

5. Mijoter longuement

Portez à frémissement puis baissez le feu au minimum. Couvrez la cocotte en laissant un léger espace pour que la vapeur s’échappe. Laissez mijoter pendant 1 heure 30 minutes. La cuisson doit être très douce : vous devez voir de petites bulles remonter paresseusement à la surface, jamais une ébullition vigoureuse. Cette cuisson lente transforme le collagène de la viande en gélatine, cette substance qui donne cette texture fondante si caractéristique.

6. Préparer le roux

Trente minutes avant la fin de cuisson, occupez-vous de la sauce. Dans une casserole, faites fondre 50 grammes de beurre à feu doux. Ajoutez la farine d’un seul coup et mélangez vigoureusement au fouet. Cuisez ce roux blanc pendant 3 minutes en remuant constamment, sans le laisser colorer. Il doit rester d’une couleur ivoire pâle.

7. Réaliser la sauce

Prélevez 500 millilitres du bouillon de cuisson du veau avec une louche. Versez-le progressivement sur le roux en fouettant énergiquement pour éviter les grumeaux. Commencez par de petites quantités puis accélérez le rythme une fois la sauce homogène. Portez à ébullition en remuant : la sauce va épaissir et devenir veloutée. Laissez cuire 10 minutes à feu doux.

8. Ajouter les champignons

Égouttez les champignons en conserve et rincez-les. Dans une poêle, faites fondre les 30 grammes de beurre restants et faites-y revenir les champignons pendant 5 minutes pour leur donner du goût. Ajoutez-les à la sauce veloutée.

9. Lier la sauce

Dans un saladier, reconstituez les jaunes d’œufs selon les instructions du paquet, généralement avec un peu d’eau froide. Ajoutez la crème liquide et mélangez. Versez une louche de sauce chaude sur ce mélange en fouettant rapidement : cette opération s’appelle tempérer, elle permet d’éviter que les œufs ne coagulent brutalement. Reversez ensuite le tout dans la casserole de sauce en fouettant. Ne laissez surtout plus bouillir après cette étape, la chaleur résiduelle suffit.

10. Finaliser le plat

Retirez les morceaux de veau de la cocotte avec l’écumoire. Disposez-les dans un plat de service creux. Filtrez la sauce au-dessus si vous souhaitez retirer les aromates, ou gardez les carottes pour la présentation. Ajoutez le jus de citron à la sauce, rectifiez l’assaisonnement avec sel et poivre blanc. Nappez généreusement la viande de cette sauce onctueuse. Servez immédiatement avec du riz blanc ou des pommes vapeur.

Clara Leroi

Mon astuce de chef

Pour une sauce encore plus soyeuse, passez-la au chinois étamine avant d’ajouter la liaison aux œufs. Si vous trouvez la sauce trop épaisse, allongez-la avec un peu de bouillon de cuisson. Àl’inverse, si elle manque de corps, laissez-la réduire quelques minutes à découvert. Le poivre blanc est préférable au poivre noir dans cette recette car il n’altère pas la belle couleur ivoire de la sauce. Vous pouvez préparer ce plat la veille : il gagne même en saveur après une nuit au réfrigérateur. Réchauffez-le très doucement sans jamais le porter à ébullition pour préserver la texture de la liaison.

Accords mets et vins

La blanquette de veau appelle un vin blanc sec et élégant qui saura accompagner la richesse de la sauce sans l’alourdir. Un Bourgogne blanc comme un Saint-Véran ou un Mâcon-Villages apporte la minéralité nécessaire pour équilibrer la crème. Pour une option plus accessible, un Chardonnay bien vinifié ou un Côtes du Rhône blanc feront également merveille.

Si vous préférez explorer d’autres régions, un Chenin de Loire, comme un Savennières, offre cette vivacité citronnée qui contraste parfaitement avec le velouté de la sauce. Servez le vin frais, entre 10 et 12 degrés, pour qu’il rafraîchisse le palais entre chaque bouchée.

L’info en plus

La blanquette de veau figure parmi les grands classiques de la cuisine bourgeoise française, au même titre que le bœuf bourguignon ou le pot-au-feu. Son nom vient de sa couleur blanche caractéristique, obtenue grâce à une cuisson sans coloration préalable de la viande et à sa sauce à base de roux blanc.

Cette recette trouve ses origines au XIXe siècle, période où la cuisine française codifie ses préparations. Auguste Escoffier lui-même en propose une version dans son guide culinaire. Traditionnellement, on utilisait l’épaule de veau, morceau gélatineux qui devient fondant après une longue cuisson. Les tendrons et la poitrine conviennent également parfaitement.

La blanquette se distingue du fricassée de veau par l’absence de coloration initiale de la viande. Cette particularité garantit une sauce d’un blanc immaculé et une saveur plus délicate. Dans certaines régions, on ajoute des petits oignons grelots confits ou des pointes d’asperges pour enrichir la garniture. La version la plus authentique reste néanmoins celle aux champignons et aux carottes, symbole d’une cuisine familiale généreuse et réconfortante.

Imprimer

×
Groupe WhatsApp